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Les Relations des Jésuites contiennent 6 tomes et défont le mythe du bon Sauvage de Jean-Jacques Rousseau, et aussi des légendes indiennes pour réclamer des territoires, ainsi que la fameuse «spiritualité amérindienne».

mercredi, septembre 03, 2008

CHAPITRE XII

AUTOUR DU CONCILE


Nous ne pouvons ignorer le Concile et ses conséquences, écrit le Frère-Maçon Marsaudon dans son ouvrage déjà cité. De fait, on a vu toutes les publications maçonniques préoccupées explicitement du Concile, abordant dans leurs articles les questions qui y sont traitées. Deux d'entre-elles les intéressent particulièrement.

COLLÉGIALITÉ

Nous avons brièvement indiqué dans notre introduction qu'il y a un certain collégialisme dans le système synarchique. C'est la forme même du système jusque et y compris d'une certaine manière dans sa partie occulte ou cependant les différentes autorités se superposent.

Avec Saint-Yves d'Alveydre (voir page 9) et le pacte synarchique (voir pages 93 et suivantes) nous avons vu comment l'Église serait intégrée dans le système. Et cette intégration postulerait forcément la conjugaison d'une collégialité ecclésiale avec le collégialisme synarchique.

C'est une des raisons pour lesquelles les hautes sociétés secrètes se sont tant intéressées au Concile.

L'ex-chanoine Roca lui-même, définissant le système, l'appliquait à l'Église:

Le Rédempteur religieux, politique et social régnera sur l'humanité par des INSTITUTIONS IMPERSONNELLES.

(F.A.M. p. 36.)

À la page suivante il ajoutait: C'EST LA NOUVELLE ÉGLISE, et ici nous renvoyons le lecteur à la page essentielle de Saint-Yves d'Alveydre dont nous avons donné le texte.

Ne nous étonnons pas par conséquent de voir le Frère-Maçon Y. Marsaudon parler lui aussi de la collégialité en 1964:

À part une minorité infime plus papiste que le Pape, l'esprit de collégialité se manifestera progressivement. Si nous pensons toujours, comme le Cardinal Bea qu'il faudra du temps et de la patience pour arriver à l'union des chrétiens de toutes confessions, il est incontestable qu'un solide travail de préparation est entrain de se faire. Alors, sur la pression d'événements prévus ou imprévisibles la marche en avant tellement souhaitée par Jean XXIII se
poursuivra à un rythme accéléré.
(L'Oecuménisme vu par un Frère-Maçon..... p. 114).

Tout ceci vise spécialement la JURIDICTION PONTIFICALE.

Les Hautes Maçonneries ont vu sur ce point s'éloigner leurs espoirs de collégialité. Il est une autre question qui pour elles est essentielle et qui s'attaque plus particulièrement au MAGISTÈRE.


LA LIBERTÉ RELIGIEUSE

Nous laissons au lecteur le soin de comparer lui-même les textes maçonniques que nous citons (dont les plus anciens remontent à la naissance du complot synarchiste) avec la littérature des théologiens de l'avenir et les publications progressistes sur le thème de la liberté religieuse. Notre propos est simplement de lui donner des points de comparaison.

Notons cependant que la liberté préconisée n'est pas la liberté psychologique du sujet, mais un DROIT OBJECTIF DE REFUS DE LA VÉRITABLE RELIGION, celle de l'Église Catholique, Apostolique et Romaine. Et l'on fera reposer le critère extrinsèque d'un tel droit sur L'ÉGALITÉ DES RELIGIONS. Cette liberté une fois établie aurait pour effet:

1°) de réduire à néant le magistère pontifical,

2°) de ruiner de fait l'orthodoxie romaine,

3°) d'instaurer sur ces ruines un syncrétisme artificiel expression d'un ŒCUMÉNISME derrière lequel se cache la haute autorité maçonnique.


ŒCUMÉNISME

Car il Y a un œcuménisme de provenance maçonnique, néo-catholique, paracommuniste massivement propagé dans les journaux ou revues confessionnels ou non, politiques, littéraires, un œcuménisme total, résultant d'une simple addition de cultes, au nom duquel l'Église est louée pour ses plus audacieux théoriciens, mais vitupérée pour son passé, sa tradition, son "immobilisme" présent, son intégrité doctrinale à venir si elle n'entre pas dans le mouvement du futurisme synarchique.

Cet œcuménisme qui n'a rien de commun avec celui qu'a décrit Paul VI brasse l'erreur et la vérité, ramasse tout dans une sagesse universelle qui vaudrait bien celle du Saint-Esprit.

Dans le monde entier un vaste mouvement vers l'unité s'annonce. Il prend les formes les plus diverses mais il répond à un besoin profond que ressentent les spiritualistes de toutes nuances: faire cesser les querelles byzantines et faire front contre l'ennemi commun le matérialisme athée.
(Les authentiques fils de la Lumière - 1962)(27)

Ceci est du rite écossais rectifié. Voici le Martinisme:

Nombreux sont ceux qui ont compris que la conscience planétaire dont on parle beaucoup en tous lieux, ne pourra se satisfaire des misérables cloisonnements spirituels, moraux et sociaux dans lesquels nous avons vécu isolés jusqu'à présent, mais qu'elle aura besoin pour s'épanouir de créer une sphère de l'Unité.
(L'Initiation - 4ème trimestre 1964)

Il convient de retourner maintenant en arrière, à l'ex-chanoine Roca (1889) pour retrouver les sources de ce mouvement unitaire qui, quoiqu'en disent ces obédiences maçonniques, laisse indifférent les Bantous ou les Mau-Mau. Nous verrons alors à quel genre de spiritualistes nous avons affaire:

Toutes les églises divisionnaires penchent vers leur ruine; elles s'effondrent en plein pour faire place à l'Église unitaire, à cette basilique sociale qui englobera tous les temps, toutes les chapelles du passé et du présent pour constituer le bercail unique dont parlait Jésus-Christ.
(Glorieux Centenaire p. 399)

Les premiers à bénéficier de la liberté de religion seraient, nous pensons, ceux qu'on appelle aujourd'hui les "Frères séparés". Rien ne montre mieux le caractère anti-juridictionnel et anti- -magistral que l'Association Générale des Églises préconisée par Roca après Saint-Yves d'Alveydre, reprise sous forme d'ORDRE CULTUREL par le Pacte synarchique cinquante ans après. On lit en effet dans le CREDO DE L'ABBÉ GABRIEL (Roca):

Je crois que toutes les Églises qui se sont formées dans la chrétienté à partir du IXème siècle par l'ébranchement successif du tronc apostolique (et que l'on appelle pour cette raison sectes ou sections) participent de la Grande Église Catholique dont elles forment le Corps avec des membres épars («multa quidem membra, unum autem corpus», Saint Paul). Je crois qu'entre ces églises y compris celle qu'on nomme ultramontaine, il se trouve un lien d'affinité qui les rattache, mieux vaut dire un fond commun de christianisme où la rencontre est aisée et où se fera l'ASSOCIATION GÉNÉRALE pour réaliser la prophétie du Maître «Et erit unum ovile et unus Pastor».

(C.P.D. 1884).



LE PROTESTANTISME - LA GRANDE LOGE D'ANGLETERRE

Dès l'époque des Guaïta, Papus, Wirth, l'Union Générale des Églises visait déjà l'Impérialat latin dont parle Saint-Yves d'Alveydre et tendait à la domination des États et des Églises anglo-saxons. Il s'agissait très réellement d'une vaste opération politico-religieuse qui reste l'ambition de la Grande Loge d'Angleterre à travers l'Europe. Lisons Roca:

C'EST DANS LE SEIN DE CETTE ÉGLISE ROMAINE QUE LES PEUPLES LATINS PERISSENT DE NOS JOURS.

(C.P.D. - 1884 - 160).

En 1946, dans la revue Le Temple le Frère-Maçon Marsaudon du Suprême Conseil écrivait un article sur "l'Union des Églises" où il faisait connaître le concours maçonnique apporté à l'union des églises protestantes:

Qu'il nous soit permis d'ailleurs d'ajouter que si cette union semble aujourd'hui, tout au moins en ce qui concerne les confessions non romaines, engagée sur une bonne voie, c'est un peu à notre ordre qu'on le doit.

Tout à fait à l'origine des premiers congrès œcuménique, l'intervention de nos Frères-Maçons ANGLO-SAXONS ET SCANDINAVES fut déterminante et leur action s'est poursuivie inlassablement dans le sens de l'unité chrétienne (p. 31).

Les loges anglo-saxonnes et scandinaves? Nous ne nous trompions donc pas sur l'identité des protagonistes du rapprochement avec l'Église catholique. Nous ne nous trompions pas davantage sur leur but:

Si Rome persévère dans une méthode d'attentisme, il n'est pas impossible que nous nous trouvions demain en face de deux groupements religieux qui se partageront la direction spirituelle
du monde chrétien: l'Église romaine et une vaste union des églises protestantes et orthodoxes.

Donc deux blocs:

  • l'Église catholique de Rome,
  • l'Église catholique de l'Évangile". (p. 46).

Toujours l'Évangile contre Rome, depuis Roca. Nous savons que ces révélations soulèveront des protestations. Nous ne sous-estimons ni le mouvement des conversions, ni celui des sympathies qui, en Angleterre et en Hollande par exemple, porte de nombreux protestants vers le catholicisme. Mais nous affirmons que les maçonneries anglo-saxonnes et les loges nord-européennes JOUENT AVEC SUCCÈS LE JEU DE L'ŒCUMÉNISME CONTRE ROME ET QUE CE JEU AFFECTE LE CLERGÉ CATHOLIQUE BEAUCOUP PLUS QUE LES FIDÈLES. C'est ainsi qu'elles s'efforcent de contrebattre la seule unité possible: le retour des séparés à la seule Église de Jésus-Christ.

Dans la préface du livre de Marsaudon déjà cité, le Frère-Maçon Riandey, Grand Commandeur du Suprême Conseil voyait, dans le Concile, l'approche de l'Unité des chrétiens, mais il prenait bien soin d'y exprimer aussi l'espoir d'un œcuménisme maçonnique plus étendu. Après avoir donné son assentiment sans réserve aux "efforts vers l'œcuménisme chrétien" il ajoutait:

POUR NOUS CES EFFORTS NE REPRÉSENTENT QUE DES PAS SUR LE CHEMIN D'UN OECUMÉNISME QUE NOUS VOUDRIONS TOTAL.



LIBERTÉ - ÉGALITÉ DES RELIGIONS

En 1961, cent cinquante dignitaires de la Franc-Maçonnerie, de vingt-six pays différents se réunirent à la Maison Blanche (Washington). Voici leur déclaration:

Nous sommes fermement attachés à la Paix MAIS indéfectiblement RÉSOLUS à œuvrer pour un monde où LES GOUVERNEMENTS feront leurs les principes suivants: liberté de pensée et de parole, LIBERTÉ RELIGIEUSE, ÉGALITÉ SANS RÉSERVE. (28)

Déclaration visant seulement le communisme soviétique? Allons donc!

Laissons de côté pour l'instant la menace POLITICO-RELIGIEUSE que contient cette déclaration. Nous voilà bien au fait de la liberté dans l'égalité des religions. Le Frère-Maçon Marsaudon le fait entendre plus discrètement:

LE SENS PLANÉTAIRE... PEUT CERTAINEMENT AIDER LES CHRÉTIENS à se défaire d'un complexe minoritaire qui les empêcherait d'aller cette fois suivant les normes pacifiques et évangéliques à une reconquête du monde.
(L'Oecuménisme... p. 121).

Le sens planétaire, c'est l'édulcoration des dogmes que les catholiques, selon Saint-Yves d'Alveydre, doivent, on l'a vu, abandonner pour la simple sentimentalité de l'Évangile; c'est ainsi que nous arriverions à une religiosité et, nous dit Roca à:

la profondeur et l'universalité d'UN christianisme avec lequel se mettraient en harmonie tous les centres religieux de la terre.

(G.C. - 1889 - p. 122)



ÉVICTION DE JÉSUS-CHRIST

Le Chanoine apostat dit les choses assez clairement pour nous faire mieux voir les équivoques où s'égarent des catholiques entraînés par son Tourbillon du Christ vers un pandémonium religieux. Les Informations Catholiques Internationales du 15 Décembre 1964 peuvent-elles estimer qu'il manque à la catholicité de l'Église de reconnaître les valeurs réelles des Grands Credos religieux du monde sans voisiner avec un Roca? Un certain abbé Paniker peut-il se faire l'apôtre d'une autre église œcuménique sans nous induire à celle de la Synarchie?

Puisqu'il y a grâce de Dieu et même salut en dehors de
l'Institution-église pourquoi se préoccuper si fort des missions lointaines; pourquoi vouloir convertir l'hindou, puisqu'il peut se sauver par son hindouisme? Ce n'est pas pour lui imposer des obligations nouvelles et supplémentaires, ce n'est même pas pour lui procurer un salut plus sûr ou plus abondant. La réponse se trouve dans la réalité du dessein de Dieu qui n'est pas de sauver les individus mais de réunir tous les hommes en un peuple qui soit son peuple.

(La Croix - 7 Juillet 1965).

De telles réflexions vont loin. S'il est souhaitable que tous les hommes soient appelés "à dire ensemble le Notre Père", il n'est donc pas nécessaire de convertir l'hindou! C'est peut-être que son hindouisme présente avec la religion du Christ "des ressemblances profondes" (Paniker) comme toutes les religions entre elles; c'est sans doute que "l'âme collective instinctivement chrétienne" (Roca, La Crise fatale - 1885 - p. 24) atteint à une spiritualité polyvalente dégagée de toutes les marques particulières différenciant les religions passées, présentes et futures et adorant un Christ mental émergé de ses profondeurs.

Pour adhérer au Christ il suffit d'adhérer au PRINCIPE de justice et de vérité qui s'est incarné dans le Christ et qui est le Christ en personne.

(Roca - G.C. p. 135).

Et voilà Jésus-Christ éliminé, transformé en principe!

Au Christ-Homme souffrant succède de nos jours le Christ-Esprit, triomphant. Le Christ qui se manifeste aussi dans la science sera reconnu par des Juifs, des Hindous, des Brahmanes, des Mahatmas, des Chinois, des Tibétains...

(Roca - G. C. p. 525).


Notes:

(27) Ne pas confondre avec Les Fils de la Lumière de Roger Peyrefitte qui n'est qu'un roman.

(28) Lettre mensuelle du Frère-Maçon Vinatrel (Grand-Orient) du 15 Février 1962.

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